Ce mercredi, Donald Trump a accordé une interview exclusive à Reuters depuis le Bureau ovale. Pendant 30 minutes, le président américain a abordé l’économie, la politique monétaire, les conflits internationaux et les élections de mi-mandat. Une prise de parole révélatrice de sa méthode et de ses priorités.
Voici les 5 points clés à retenir.
Donald Trump joue selon ses règles
Donald Trump a clairement affiché son mépris pour les critiques, qu’elles viennent de l’opinion publique ou même de son propre camp politique.
- Il a qualifié de « fake » un sondage Reuters/Ipsos montrant un faible soutien des Américains à une prise de contrôle du Groenland.
- Il a balayé les inquiétudes liées à l’enquête visant Jerome Powell, président de la Réserve fédérale, y compris celles de figures comme Jamie Dimon (CEO de JPMorgan, plus grande banque du monde).
- Sur les inquiétudes des Américains concernant le coût de la vie, Trump affirme que l’économie américaine est « la plus forte de l’histoire » et estime qu’il doit mieux mettre en avant ses réussites, pour que le public prenne pleinement conscience des succès de son administration.
Paix au Moyen-Orient et en Ukraine : des résultats encore fragiles
Trump est revenu sur deux dossiers géopolitiques majeurs :
- Gaza : malgré l’annonce d’un cessez-le-feu, il reconnaît que le Hamas ne s’est pas désarmé, condition pourtant centrale de l’accord.
- Ukraine : Trump estime que Vladimir Poutine est prêt à négocier, mais pointe directement Volodymyr Zelenskycomme principal obstacle à un accord de paix.
La vision de Trump sur la paix internationale se distingue par son accent sur les résultats visibles, privilégiant l’image de succès aux détails de la conformité aux accords ou aux institutions, une lecture simplifiée des conflits où les responsabilités sont souvent attribuées à un individu clé, et un optimisme assumé, parfois déconnecté des réalités opérationnelles, qui lui permet de renforcer son image de « faiseur de paix ».
Donald Trump réaffirme son soutien à l’ICE et à la militarisation de la sécurité intérieure
Interrogé sur la mort de Renee Nicole Good, une mère de trois enfants tuée par un agent de l’ICE à Minneapolis, Trump a qualifié l’événement de « très regrettable », tout en soulignant son soutien aux forces de l’ordre fédérales et à la présence d’agents armés dans les grandes villes. Il a insisté sur le fait que la situation était difficile et que « très peu de respect » avait été montré envers les officiers, justifiant ainsi sa décision de poursuivre l’envoi d’agents pour lutter contre la criminalité, même si ses affirmations selon lesquelles ces opérations auraient permis d’expulser « des milliers de meurtriers » ne sont pas étayées par des données publiques.
Paradoxalement, bien qu’il ait exprimé de la tristesse face à l’incident, Trump a maintenu une position ferme de soutien à l’ICE et à une politique d’application stricte de la loi, reflétant une vision où la sécurité intérieure prime sur les critiques et les controverses suscitées par l’usage de la force.
Une relation de plus en plus conflictuelle avec la Réserve fédérale
Trump a de nouveau exprimé ses critiques à l’égard de la Réserve fédérale (Fed), laissant entendre que sa politique monétaire devrait davantage s’aligner sur ses objectifs économiques et politiques personnels. Même s’il ne détaille pas les mécanismes techniques, sa position reflète une volonté de remettre en question l’indépendance traditionnelle de la Fed, ce qui constitue un signal fort pour les marchés.
Pour les entreprises internationales, cette posture mérite une attention particulière. Toute ingérence perçue dans les décisions de la Fed pourrait affecter directement le dollar américain et compliquer la gestion du risque de change. Dans un contexte où la politique monétaire joue un rôle central sur la valeur des monnaies, la vision de Trump illustre une incertitude supplémentaire que les entreprises doivent intégrer.
Des élections de mi-mandat redoutées par la Maison-Blanche
Trump a exprimé une inquiétude marquée face aux élections de mi-mandat, craignant que les Républicains ne perdent le contrôle du Congrès, conformément à une tendance historique où le parti au pouvoir voit souvent ses sièges diminuer lors de la deuxième année de la présidence. Sa déclaration provocatrice (affirmant avoir accompli tellement de choses que « l’élection ne devrait presque pas avoir lieu ») illustre sa perception de lui-même comme un président aux résultats tangibles, mais aussi sa stratégie de mettre la pression sur le parti et l’opinion publique pour maintenir un soutien électoral maximal.
Cette posture révèle une approche où l’anticipation politique et la communication jouent un rôle central : Trump transforme l’incertitude électorale en argument pour légitimer son action et renforcer l’idée que ses initiatives, qu’il présente comme des succès indiscutables, doivent primer sur les dynamiques électorales classiques. Pour le marché et les observateurs internationaux, cela traduit une présidence où la pression politique interne peut influencer la politique économique et réglementaire, avec des implications possibles pour les flux financiers et la confiance des investisseurs.
Cet article a été rédigé par un expert Devyzz, avec plus de 10 ans d’expérience sur les marchés des devises. Devyzz est une FinTech spécialisée dans les paiements internationaux et la gestion du risque de change pour les PME et ETI.